le jeudi…

Ca fait plusieurs soirs de suite que j’écoute Carla Bruni et je suis chaque fois surprise de la sensualité de sa voix… C’est un bonheur de l’entendre… Le bonheur, je crois, comme le héros de "Et au milieu coule une rivière", que le bonheur n’est pas une période, mais des moments. Des moments volés, mais qu’on a bien mérité. Comme danser une salsa parfaitement avec un bon danseur de mon groupe, un soir au Stadtcafé… un baiser au Hofgarten… un retour du Blue Chip qui ne devrait jamais se finir. Manger des chocolats, juste, juste avant de dormir.  Des moments où l’on a l’impression que l’on ressent exactement la même chose que la personne avec laquelle on est. Retrouver un ami et discuter comme si jamais on ne s’était éloigné, se retrouver sur la même longueur d’onde après si longtemps.
Je repense à ibk, à ces aprèm à boire de l’Eierlikör avec Lud qui boit du martini, sans se poser de questions, juste pour passer un moment. Passer le temps avec des copines, discuter de tout et de rien, être bien simplement parce qu’elles sont là. Aller sur la plage pour prendre le soleil. Se poser au bord de l’Inn pour réfléchir, pour regarder couler l’eau. Pleurer au mois d’avril, pour tout ce qui ne va pas. Pour ce qui est inéluctable, pour ces restes d’enfance qui ne reviendront plus. Peter Pan qui vient parler à sa princesse, un petit secours. Les premières fleurs. La guêpe qui m’a fait oublier tout le reste, du moins pour un moment. Les copines qui vous remontent le moral, les fous rires et les délires. Chanter Aïcha à tue tête au fond du bus, et que tout le monde nous croit bourrées, discuter des trucs super-extra-intimes à haute voix, en se disant que personne ne comprend rien. La neige. Je me rappelle une nuit, à l’arrêt de bus de Dreiheiligen, en sortant du plateau. Il neigeait, peut etre pour la première fois de l’année, la nuit était si belle. On voyait bien les flocons blanc sur le fond noir. Greg bourré avec un sourire malin, qui vient d’entamer en cachette mon gateau au chocolat, qui était pour le lendemain. Le ciné, Bridget Jones, die Vergessenen. Pleurer de tout mon corps en sortant de Hotel Rwanda, avoir mal physiquement de cette douleur morale. Et les gens dans la rue qui ne se doutent de rien, qui continuent de vivre. Maria llena eres de gracia, le meilleur film de l’année. Les soirées tous ensemble. Les cours de théorie avec Ramin qui ne rate pas une occasion de me faire rire. Quand sous prétexte de me traduire il me donne la réponse… Cette complicité. Enlever son masque et voir combien finalement, c’est facile, regarder la surface, en haut, et se sentir quand même en sécurité. Dévaler les pistes à toute allure, en ski, ou moins vite, en surf, mais avoir le sentiment de faire qq chose d’extraordinaire. Prendre le schuss et se féliciter chaque seconde d’être encore debout, puis tomber la tête la première, se faire mal, ou pas, et voir dégoutée ce qu’il reste à faire à pied. Tomber sur la tête, se faire mal, pleurer toute seule parce que je suis seule, fatiguée d’essayer, et parce que vraiment, prendre la grande bleue qui descend tout en bas, c’était vraiment me surestimer, pour le premier jour. Skier à l’envers avec Alex. Dans la poudreuse, avec lui, et me dire que j’ai de la chance de l’avoir en ange gardien (je vous dis pas les kilos de neige que j’ai bouffé). Le gout de la bière, celui de la Paulaner qui est infiniment meilleure. Le vin chaud me manque, celui que l’on buvait au marché de noël, le dimanche soir avec les filles ou autrement avec thomas. Se réchauffer un peu dans sa cabane. Faire coucou au bel espagnol et qu’il vienne nous parler. Barbara et l’accent français. Le repas chez la soeur de Thomas et se sentir parfaitement intégrée. Les discussions politiques en allemand sur la terrasse du Hofgarten. Le mal de ventre, la jalousie, l’obsession. Puis passer à autre chose, parce qu’on l’a décidé. Et parce qu’on le vaut bien. Discuter le dernier jour, en sortant d’exam, avec l’ex de mon ex, et se dire, que tout compte fait, elle n’est pas antipathique (faut dire qu’il a fallu deux mois d’efforts réciproques pour en arriver là!!). Rencontrer un voisin fou dans la rue, l’accompagner àl’épicerie acheter une pomme. Discuter avec mon petit opticien bien sympa, le dernier jour. Savoir qu’on ne paiera pas le PV de stationnement.
Aïe, nostalgie…
Bon, il est tard, il n’y a pas qu’à ibk que j’ai vécu des choses formidables, j’en ai vécu avant et après, mais quand même, c’était qqch. Et puis peut etre que le bonheur est indissociable du malheur, et que ce n’est que parce que j’ai souffert que j’ai ressenti ces moments avec une telle intensité.
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2 commentaires pour le jeudi…

  1. Melanie dit :

    ben moi si je dis que y\’a que à Ibk que j\’ai vécu des choses formidables;. oui j\’ose le dire;. désolée pour les autres moments et les autres gens… mais voila y\’a que à Ibk et apres à Nurnberg que j\’ai vécu.. pour moi et moi seule.. sans se soucier des autres ni de demain… vivre s\’epanouir.. oser tout puisque la bas on etait rien.. se sentir prtout a sa place parce que justement on a pas de place… oser aborder un mec sur le marché de noel.. oser aller vers les gens.. Thomas Mario …. et des tas d\’autres… vivre pour soit.. si simplement… vivre tout simplement… alors oui j\’ose le dire que quand je lis tous tes souvenirs je pleure en pensant au mien qui ne seront plus… oui j\’ose le dire que ici a la Fac je me sens 10 000 fois plus etrangere qu\’a Ibk ou seule en All… oui.. seule au milieu de ces autres qui nous dévisage au leiu de nous ignorer.. anonyme non pas parce que inconnu mais seulemnt parce que différente…alors je soule les autres avec des souvenirs qu\’ils n\’ont pas.. je nai que l\’autriche et l\’all a la bouche.. parce que je n\’ai que ca dans mon coeur….parce que c\’est tout ce que j\’ai VECU…..je ne saurai dire ce que je resents… tout ce que je sais c\’est que la bas loin de tout et de tous j\’étais vraiment moi.. j\’ai vécu pour moi suivie mes envies et visiter des parties de moi même… alors oui j\’y retournerais… debut des vacances de noel pour le marché et Thomas…. et pis plus tard…… finir ma vie à Ibk…. la ou elle a commencé……

  2. Lise dit :

    na du, wie darfst du das sagen? und, noch was, warum denkst du denn, dass es nicht mehr möglich ist? du kannst immer einen schönen jungen am weihnachtsmarkt treffen (in Lyon gibt es wahrscheinlich einer, oder muss ich zurück kommen und wir gehen beiden "anmachen" in Annecy? wir könnten immer machen, als würden wir Touristinen? Hallo, ich komme aus österreich, ich spreche nicht zu gut französisch…) und es gibt auch viele Erasmus die möchten Franzosen kennen lernen, und mit ihnen kannst du auch dich selbst sein… und erinnerst dich an den Forum, an dem du immer am Abend warst. Diese Leute sind immer noch hier. und in ibk wird es nie wieder so sein, wie es war: als du in ibk zurückgekommen warst, hast du gesagt, dass du wusstest, dass der zweite semester nicht wie der erste sein würde… du kannst nicht jeden 4 monate woanders gehen… aber du kannst tolle leute überall treffen… und tolle moments mit ihnen erleben… und du warst nicht soooo froh, als du zuerst in nurnberg warst… na, mario, sowas ist jetzt schwierieger geworden… kann aber immer wieder passieren… nicht dass ich empfehle, aber… wir waren wie babys, haben jeden tag was neues gelernt, jemand neues getroffen, einen neuen ort entdeckt; wir haben so viel "gefühlt", dass wir kein zeit hatten, um es zu bedauern (?). jetzt ist diese zeit zu ende, aber jetzt mussen wir auch ein bisschen wie "erwachsene" leben, ohnen zu vergessen, spass zu haben, aber nur ist die wirklichkeit wirklich anders… denk an die "poupées russes"… zurück von Erasmus jahr zu kommen ist schwer…

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