des mots

je relis ce soir les citations de mon blog, celles que j’ai placées en tout premier,celles que je ne revois plus souvent. Et c’est là que je comprends pourquoi jai écrit tout cela. La phrase de Dune, par exemple, je la connais par coeur. Je l’ai tellement lue et relue… combien j’ai pu adorer ce livre. Hé bien, si je n’avais pas noté cette phrase, je ne penserai même plus à Dune. Mais en relisant cette phrase, je me repénètre de l’état d’esprit dans lequel j’étais à ce moment là. Je reprense à la personne qui m’a prété ce livre, aux circonstances dans lesquelles cela s’est fait. Et de même pour les poèmes qui suivent.
Il y a des textes qui nous marquent. Peut etre sont ils beaux, peut etre pas. En réalité, peu importe, il importe seulement qu’ils nous aient apporté quelque chose quand on les a lus. Relire ces phrases, c’est comme entendre la voix de quelqu’un dont on a été familier. Peut etre qu’on n’a plus entendu cette voix depuis longtemps, mais la réentendre, maintenant, c’est retrouver le passé. Cela fait du bien. A condition de ne pas s’y noyer bien sur. Il y a des chansons, il y a des mots, il y a des voix. il y a des odeurs aussi.
Quand je retourne au macumba, je ne peuxpas m’empecher de repenser au passé. A tous ces moments que j’ai vécu, ou plutot, aux derniers moments que j’ai vécu. Si je me refamiliarise avec le lieu, les souvenirs disparaissent. Mais que je n’y mette pas les pieds pendant 6 mois et quand je reviens, les souvenirs reviennent.
C’est cela qui me rend difficile de rentrer chez moi, maintenant. Je n’y ai plus les mêmes souvenirs. Le passé lointain s’est effacé, pour mettre en évidence tous les évènements récents qui m’ont privé de ce que j’aimais.
Il y a au fond de mon jardin un noyer, un vieil arbre. Quand j’étais petite, je l’avais choisi pour être mon arbre préféré. Je montais dessus, à l’endroit où le tronc se divise, et de là je regardais les champs. Je regardais ce que l’on appelle chez moi "la plaine" et je me disais que ceci était mon domaine. C’était chez moi. D’ailleurs j’avais raison, puisque c’était l’endroit où l’on allait jouer. Et maintenant, quand je me replace près du noyer, je regarde la plaine, et je repense à la personne grace à laquelle ceci était chez moi . Et je me dis que c’était par desuss tout chez elle. Le fruit de son travail. Le lieu de sa vie. Et c’est encore plus chez moi qu’avant, car j’ai perdu cette personne. Et je ne veux pas que "mon territoire" soit abimé. Soit gaché par des maisons, par des immeubles, par des inconnus qui viendraient s’installer ici. Et pourtant les grandes personnes ont dit que en fait ce n’était pas à moi tout ça. Les grandes personnes parlent de propriété, d’argent. Les grandes personnes ne comprennent rien.
Alors si un jour je pète les plombs, si je décide qu’il ne m’a servi à rien d’apprendre l’anglais, l’allemand et l’espagnol, que je m’en fous de toutes ces langues  puisque je n’ai pas appris celle qui me tient vraiment à coeur, celle qui me semble reflèter là d’ou je viens, alors il ne faudra pas s’étonner. Il me faudra garder quelque chose, quoi que ce soit. Il faut aller de l’avant certes mais il faut aussi s’avoir d’où l’on vient, du moment où l’on aime son passé.
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