Anche libero va bene

Je suis allée voir hier soir un film italien qui sort demain dans les salles françaises, après avoir été montré à Cannes. Libero raconte l’histoire d’un petit garçon, qui vit avec son père et sa sœur dans les environs de Rome. La mère est partie, elle va revenir, repartir… Incapable de se fixer, incapable de rester avec ses enfants qu’elle aime, elle n’est pas plus capable que le père de retenir ses sentiments pour jouer son rôle de « mère ». Fragile, aimante, elle est un personnage attachant, celle qui donne de l’énergie et de la joie de vivre à ses enfants… sauf quand elle part… Le père est la figure de l’autorité, du devoir. Il tente de donner une bonne éducation à ses enfants, et en particulier à son fils, Tommi, pour faire de lui « un homme » : ça passe par les cours de natation, que le garçon déteste, par un exemple de comment « se faire respecter ». Ce père est pourtant profondément touché par l’absence de sa femme, et sa position instable, tout ceci aggravé par des soucis financiers… Comment rester un parent quand on n’est pas soi-même stable, sûr ? Ce film montre les ravages de parents qui veulent rendre leurs petits adultes trop vite, les mêler à leur vie de couple. Comment un couple qui se sépare reste-t’il un couple de parents ? Comment continuer à traiter ses enfants comme des enfants, sans leur imposer les soucis des parents, sans leur faire subir le contrecoup des chocs émotionnels, qu’ils doivent déjà gérer eux-mêmes ? Ces parents qu’il faudrait ne pas juger, alors qu’on ne peut pas les comprendre.

Ce film montre un personnage très attachant, qui a envie de croire à sa famille retrouvée, mais qui se méfie profondément. On lui a déjà fait le coup… Qui me fait penser que l’amour n’est rien d’autre que des preuves d’amour, que les paroles ne comptent pas… Et pourtant… les sentiments ne s’expriment pas tous dans la vie quotidienne…

C’est un très bon film, et mon discours ne vaut  pas le réalisateur pour en parler : http://repubblicaradio.repubblica.it/player.php?mode=focus&ref=2730&art=2659

 

Bref, dans la lignée de « Io non ho paura » (L’été où j’ai grandi), un autre portrait de petit garçon courageux face à des adultes, Libero nous montre un avenir radieux pour le cinéma italien… et un grand coup de chapeau au jeune acteur…

 

petite remarque hors-sujet: un livre culte de mon enfance a été "deux pour une", un roman pour enfant, allemand je crois, dans lequel une citation m’a particulièrement marquée, car petite j’avais du mal à la comprendre: quand Shirley Temple allait au cinéma, elle n’avait pas le droit d’aller voir des films dans lesquels elle avait joué. Le rapport? les enfants sont censés être protégés des films violents, mais dans la vie ils sont rarement epargnés par les phénomènes cruels… ce que jugent les grands….

 

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2 commentaires pour Anche libero va bene

  1. Adèle dit :

    Ben j\’avais vu l\’affiche du film à Rome quand j\’y étais, ca m\’avait pas donné envie de le voir. Là je vais y songer. Tu as dit dans la ligné de "Io non ho paura", film que j\’adore, mais c\’est pas du même réalisateur si ? Salvatores si je me plante pas.
    J\’ai maté "L\’Ultimo Bacio" de G. Muccino. Vraiment très bien. La crise de la 30aine ! C\’est aussi lui qui a fait "Ricordati di me", crise de la 40aine… A quand la crise de la 20aine ? parce que ca existe ! Je suis en crise !
    Je reviens d\’une semaine passée dans notre chère vallée, il faisait un temps magnifique… j\’apprends à la connaître à chaque fois un peu plus et j\’en tombe toujours plus amoureuse ! J\’y serais à partir de mi-février/mars pour 6 mois. En espérant qu\’on s\’y retrouve quelques jours… Bises

  2. Lise dit :

    dans la lignée de "io non ho paura" pour le portrati de garçon, qui noue une amitié (role moins important que dnas l\’autre), parce que j\’y retrouve (cet avis n\’engage que moi) un regard  "étonné" du garçon choisi par le réalisateur pour faire comprendre la bétise des adultes (parfois – meme si les adultes sont moins jugés et font des choses moins graves que dans io non ho paura). Le réalisateur n\’est pas le même, c\’est kim rossi stuart, qui joue aussi le role du père. Son premier film en tant que réalisateur, il a joué dans des films que je n\’ai pas vu, mais notamment dans romanzo criminale (d\’ailleurs, de beaux yeux…). par contre, on n\’a pas les beaux paysages de champs de blés… qui ne sont pas remplacés par de belles images de rome… pas la même chose mais… pas mal quand même.
    pour la vallée, on se verra surement, tu m\’offrirais une eau minérale!! je ne sais pas ou je serai )à ce moment, je suis aussi à la recherche d\’un stage. Peut être en allemagne?

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