ma vie en désordre…

Je regarde mon appartement, je suis en train de réviser, tout est en désordre: typique d’une période de révisions, je mange et je laisse tout trainer, je lave vaguement une assiette quand j’en ai besoin… Et pourtant, ça ne me gêne pas… Je n’ai pas envie de mettre de l’ordre en ce moment… Ni dans mon appartement, ni dans le reste de ma vie…
Je vais quitter cet appartement, et je ne vais pas savoir quoi faire de mes cartons. Je ne parle pas seulement matériellement. Je voudrais les poser quelque part, et les oublier, les garder pour plus tard. Comme le reste. J’ai sur cette dernière période des remords et des regrets. Et pas envie d’y penser. Mais de laisser cette période dans un coin de ma tête et de me lancer tête baissée dans ce qui vient. Commencer une nouvelle vie, et laisser l’ancienne dans les placards. De me concentrer sur ce qui vient. Si je pensais, là maintenant, je pense que je ne m’en sortirais pas. Je vais faire le minimum de ce que je dois faire et "a la de Dios como se dice por america latina"…
Ca me fait penser à ton comm’ p2: ne pas oublier le passé, non t’inquiète… mais tirer un trait pour l’instant… je ferai le ménage dans ma tête un autre jour. Et pour revenir à un de nos sujets de discussions, ces sujets que l’on n’épuise jamais, une citation de La Croix (une fois n’est pas coutume, et oui je lis la Croix, je ne l’achète pas, mais puisqu’elle est offerte, c’est un journal qui en vaut d’autres, pour le moins):
La Croix – vendredi 26 janvier 2007 – article d’Olivier Rey, chercheur et enseignant:
"Quel sens, alors, donner à l’existence? La réalisation personnelle. Mais qu’est-ce que "se réaliser"? Sommes nous des surhommes qui, chacun pour son cpmpte, élaborons et posons nos valeurs? Non. Les valeurs, le sens, ne sont pas des affaires individuelles. Un sens qui ne vaudrait que pour soi n’en est pas un. Dès lors que, confronté à l’injonction d’être soi, chacun en eset réduit à composer, à essayer de donner une touche personnelle à ce que la société, à un moment donné, indique comme désirable, ou à l’inverse, à tenter de rapprocher vaille que vaille ce à quoi il aspire à ce que d’autres peuvent également estimer.
pris entre l’obligation de la réalisation personnelle, et l’impossibilité d’y parvenir sans un sens partagé, nous nous efforçons de tirer nore épingle du jeu, de "surfer" au mieux sur la vague du monde – oscillant entre un contentement fébrile quand nous y parvenons, et la dépression, mal d’époque, qui nous happe quand nous perdons l’équilibre et sommes pris dans le rouleau.
Pascal l’a fait remarquer: "L’erreur n’est pas le contraire de la vérité, mais l’oubli de la vérité contraire." La question n’est donc pas de sacrifier la liberté individuelle à des exigences sociales, ou réciproquement, mais de comprendre qu’un ensemble cohérent de valeurs collectivement assumées est la condition d’un épanouissement personnel. "
 
Bel article, et l’auteur a parfaitement raison de rappeller que nos identités doivent se fonder sur des valeurs sociales, humaines… mais les choses se compliquent ensuite… Le titre était "Etre soi, rien que soi, au risque du non-sens", et il a parfaitement raison de rappeler que chacun ne construit pas le rapport au monde totalement comme il lui convient.
que faire donc? comment définir quelles sont ces valeurs collectivement partagées? la question est de taille, car c’est là dessus que repose toute l’idée de communautés humaines, de nation, de droits de l’Homme… Comment trouver des valeurs collectives dans un espace mondialisé, entre personnes de différentes cultures?
Si la nation est fondée sur le territoire, sur une envie de vivre ensemble, "un plébicite de tous les jours", alors quelles sont les valeurs que nous choisissons comme points communs, et peut-on forcer les gens qui sont sur le territoire à les respecter?
C’est une question essentielle mais qui se pose aussi, bien que de façon moindre, au niveau individuel: puis je choisir des valeurs qui ne sont pas celles de ma famille, de mes parents? Puis-je m’émanciper de mon éducation, sans perdre en même temps mon identité?
Les racines, le lien avec le passé est vital pour l’être humain, ce roseau pensant, cet animal de société, qui ne sait vivre hors de la société. Seul, l’homme ne sait pas vivre, mais les autres, c’est l’enfer. Les autres, ce sont les regards qui jugent. Et comment donc trouver ce compromis entre ma "réalisation personnelle" et le lien nécessaire avec la société? Voire, comment peuvent évoluer les valeurs des sociétés, car indéniablement elles le doivent? Il faut conserver une continuité historique, sans renoncer à son automonie…
La question ne serait pas de sacrifier la liberté personnelle aux exigences sociales, mais parfois c’est bien le cas, j’espère de moins en moins dans des pays démocratiques, mais enfin… Sans compter que l’identité se fait aussi au sein d’une petite communauté, famille ou autre, et que refuser leurs valeurs, refuser de suivre le chemin qu’ils nous tracent, peut signifier s’exclure… Alors, elle est où la liberté?
 
Bref, comme j’ai de la chance d’avoir une famille qui me laisse faire ce que je veux…
 
Publicités
Cet article a été publié dans Perso. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s