La rentrée

Le week end dernier, j’étais à Prague. Vieux rêve, voir Prague.
Le wekk end d’avant, j’étais à Brême. Aussi une belle ville.
 
L’automne est maintenant arrivé, j’ai commencé les cours de français, je m’habitue à l’idée qu’il n’y aura plus d’été. Puisque c’est ainsi… j’en prends mon parti.
La rentrée, c’est toujours le moment où je m’énumère tout ce que j’ai fait. Et où je prends de bonnes résolutions, qui ne tiendront évidemment pas jusqu’au prochaines bonnes résolutions, mais peut être que l’essentiel c’est de les prendre, pas de les suivre. De mettre des mots sur des choses.
En un peu plus de six mois ici, j’ai appris beaucoup, j’ai fait plein de choses. Natürlich. J’étais venue avec l’idée que j’allais acquérir une bonne expérience sur le plan professionnel, que cela me laisssait un peu de temps pour réfléchir sérieusement à ce que e voulais faire ensuite, que j’allais apprendre mieux l’allemand, que j’allais rencontrer des gens, prendre le temps de sortir, voyager, etc.
Je me rappelle encore le premier soir en arrivant dans l’immeuble, j’ai rencontré une collègue francaise avec qui j’ai fait connaissance. Elle portait un T-shirt de l’entreprise, et je me suis dit: "Moi aussi je veux un T-shirt comme ça", "Moi aussi je veux participer à cette course avec les autres, cette année où je suis ici". Et je l’ai fait, et j’ai mon T-shirt (très important le T-shirt ;-)). Elle m’a dit aussi, je m’en souviens, "T’inquiète pas, on est une bonne bande sympa, il y a des jeunes dans leur trentaine, on sort régulièrement etc". Et moi qui me disais: Dans la trentaine??!! C’est jeune ça? Trente ans m’apparaissait presque un âge canonique. Et mercredi soir, après un ciné, je suis allée boire un verre avec une de ses collègue (mariée 2 enfants, une jeune, donc) et trois de ses amies. Et l’une allait avoir 40 ans cette année. Hé bien je ne l’aurais jamais cru! Comme quoi, après six mois, je me suis habituée à considérer que même à 40 ans, on pouvait être encore jeune. Mais quand même… 40 ans, c’est aussi l’âge de ma cheffe, et elle, même si elle n’est pas vieille, on sent quand même qu’elle a un autre âge. Une autre maturité, une autre phase de la vie. Elle qui me dit: "Mais voyagez, profitez-en, vous n’aurez jamais autant de temps que vous n’avez en ce moment. Et elle a probablement raison. Sauf à la retraite. Mais je ne vais quand même pas attendre!
Bref, donc je me suis habituée aussi à être la plus jeune, presque le petit bébé. Parfois c’est gênant. Mais je me dis aussi que je n’ai pas à me faire du souci: ils étaient où, eux, à mon âge? Et l’âge, ça dépend des personnes. C’est dans la tête. Pour de vrai.
 
Je fais aussi le compte du temps qui me reste, des endroits où je veux encore aller. Je ne suis presque pas allée à Düsseldorf, Cologne, Aix-la-Chapelle, qui sont pourtant tout près d’ici. J’aurais vu en 6 mois et demie pas mal d’endroits: Berlin, Hambourg, Leipzig, Brême, Münster, Nürnberg, Lübeck, Schwerin, Stralsund et Rügen, Rostock (+ Heiligendamm, rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu), Trier. Plus Amsterdam, Rotterdam et Prague. Des week-ends sont déjà prévus pour Francfort et Bruxelles. Innsbruck aussi. Christkindlmarkt. Göttingen aussi. Ca me rappelle la chanson de Barbara…
 
Bien sûr, ce n’est pas la Seine,
Ce n’est pas le bois de Vincennes,
Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Pas de quais et pas de rengaines
Qui se lamentent et qui se traînent,
Mais l’amour y fleurit quand même,
A Göttingen, à Göttingen.

Ils savent mieux que nous, je pense,
L’histoire de nos rois de France,
Herman, Peter, Helga et Hans,
A Göttingen.

Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
"Il était une fois" commence
A Göttingen.

Bien sûr nous, nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes,
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen.

Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l’âme grise de Verlaine,
Eux c’est la mélancolie même,
A Göttingen, à Göttingen.

Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen

 
 
 Hé oui… L’Europe, une évidence? Cette Union Européenne, il ne faut pas oublier qu’elle est née des guerres. Et de la nécesité de n’en avoir plus. La paix n’est pas que l’absence de guerre, c’est une forme presque "anormale" que l’Europe tente d’inventer depuis 60 ans.
Si j’avais eu quelques doutes sur l’élargissement à l’est de l’UE, cette visite à Prague m’aurait convaincue qu’il ne s’agissait vraiment que de rétablir une vérité. J’ai rarement vu une ville aussi européenne. J’attendais la Prague baroque, celle des cartes postales, et j’ai découvert aussi la Prague Art Nouveau. L’influence croisée des Habsbourg et du catholicisme, imposant le baroque, et la Renaissance tchèque avec l’art nouveau, l’affirmation d’une identité propre et athée.
On se dit que le communisme n’a été qu’une parenthèse. Qu’il n’a pas marqué la ville. La culture. Que le temps est une drôle de chose. Que l’Histoire se fait sur des temps longs. Que le territoire tchèque a toujours été européen, et que pendant longtemps, nous petits Français, nous l’avons oublié. Que la pauvreté reste, encore. Qu’il y a, c’est certain, des différences de niveau de vie. Et de manière de vivre. Mais que ça finalement au regard de ce qui nous relie,  c’est superficiel.
 
A Prague, je me suis aussi retrouvée par hasard dans un restaurant russe (pardon, soviétique, il s’agissait de rassembler tous les gens qui venaient d’URSS – je ne sais pas où ils ont fait leur étude de marché, mais enfin), où j’ai rencontré des gens super sympas mais un peu bizarres quand même. J’ai passé ma soirée à écouter des chansons russes et à manger des choses aussi bizarres, pour moi petite Française, que des Gurken, du hareng, du pain noir avec du lard, des pilmini (écriture phonétique, excusez l’orthographe).
 
Pas de conclusion aujourd’hui. Je m’en vais.
 
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