Retour vers le passé 3.0

Retour d’Innsbruck. Après 2 ans et demie où je raconte à tout le monde comment Innsbruck, c’est bien, et que ci, et que ça…

Fallait-il venir faire le constat sur place, que Innsbruck, c’était terminé ?

Non, cela je le savais déjà, je l’ai re-constaté en y allant : une très belle ville, où je me sens bien, mais sans sentiments particuliers. On a parfois besoin de revoir ses ex pour s’apercevoir que tout est vraiment fini… mais rien n’empêche de trouver encore du charme à ses ex, et en l’occurrence, Innsbruck reste une ville très agréable. Une ville gemütlich, où l’on se sent bien… une ville de vacances : perdue dans les montagnes, avec les petits villages aux clochers ronds et aux maisons peintes… aux alpages, aux chalets. A la neige qui invite au ski. Aux forêts. Et la ville elle-même, l’Inn que j’aime toujours autant, les maisons colorées, la cathédrale, le marché de Noël… Et aussi pour toutes ces raisons qu’Innsbruck est une ville particulière : le stand de Thomas, le café sur les toits de la vieille ville que les touristes ne connaissent pas… les petits coins plus cachés, la fac, l’arrêt pour changer entre le bus F et le bus O devant la boulangerie… tout ça tout ça…

Mais la vie suit son cours… Les vieux potes avec qui on a passé les meilleures soirées se sont rangés, construisent maison et famille, prennent un poil d’embonpoint… Ca fait bizarre de les retrouver en pères de famille… Et moi et moi et moi ? J’ai fait quoi moi de tout ce temps ? Je suis en retard moi si je n’en suis pas à ce stade-là de ma vie ? Non sûrement pas… différence d’âge (un peu), de rêves, et on a fait des choses différentes dans nos vies… Eux ne sont jamais partis en Erasmus, n’ont jamais vécu à l’étranger, n’ont pas pris le risque de perdre un peu de ce qu’ils avaient construit en partant… Chacun sa vie… Mais si j’habitais à Innsbruck, ce serait sûrement aussi de cette vie là que je rêverais…

Bref, je me suis aussi amusée à repérer toutes les différences, les cafés ou restos qui ont changé de nom, les nouveaux bâtiments… le jeu des différences… C’est drôle d’arriver dans une ville que l’on connaît, d’avoir ce sentiment de tout retrouver au fur et à mesure… il y a une couche de poussière sur ces souvenirs, et pas à pas on redécouvre émerveillé qu’on connaît cette ville, que les souvenirs reviennent… J’ai retrouvé la Treibhaus, dont j’avais oublié le nom, mais pas cette petite boite avec un nom en « Blue » en bas d’un escalier, quelque part sur le bord de la Maria-Theresien-Strasse… Passer devant le Hafen, le Stadtcafé… Horreur ! La Proseccheria a changé de nom, elle porte un nom hideux que je n’ai pas daigné retenir…

Ils sont bizarre ces tyroliens… Ils s’appellent tous Hofer (Thomas le marchand de Weihnachtsschmuck, Andreas le héros local, même Aldi s’appelle au Tyrol Hofer…), ils font des Kindergärten dans la Schlachthofgasse (ils ne sont pas encore au niveau d’ironie des Berlinois: quand vous arrivez à Berlin en train, dans la nouvelle gare, la gare centrale, vous êtes accueillis par un "Bombardier. Wilkommen in Berlin"…). Et peut être l’impression que les Autrichiens sont hypercivilisés, en bien comme en mal. En tout cas en bien, très polis.

Bref… j’ai laissé dans cette ville un peu de moi-même… Et pour répondre à un ami qui me disait que sa meilleure année était celle de ses 23 ans, la mienne, c’était celle que j’ai passé à Innsbruck.

ibk

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Un commentaire pour Retour vers le passé 3.0

  1. Melanie dit :

    coucou poulette,
     
    Moi ce qui m\’a fait le plus bizarre c\’est de me dire que tout semblait si différent mais qu\’à la fois tout était pareil.
     
    C\’était de me rendre compte dans la bouche de Pascal et de Lionel qu\’en réalité Ibk n\’a rien de si exceptionelle.. oh oui c\’est et ça restera toujours une ville charmante, colorée, dans un cadre magnifique.. mais je suis sûre que des petits joyaux comme celà il y en a d\’autre… Ibk n\’a d\’exceptionnel que le fait d\’avoir été notre lieu de vie Erasmus… et à ce titre là elle restera  toujours merveilleuse et particulière à mes yeux.. parce que après tout on ne voit bien qu\’avec le coeur. Et moi quand je me balade dans ses rues, quand j\’y retrouve ses couleurs et ses senteurs, ce que je vois, ce que je sens c\’est la liberté… le plaisir de la découverte, la soif de monde nouveau, l\’exaltation de l\’inconnue.
     
    Chaque grogée de Gluhweihn, chaque bouché de Knödel me transporte à cette année là… cette année de vie qui reste toujours comme une parenthèse. Une année à Innsbruck puis à Nürnberg, une année si riche… qu\’elle ne se partage pas…. comme pour toi la plus belle année de ma vie….
     
    Au final tout était différent… mais rien n\’a vraiment changé… et je crois que je m\’attendais à plus de distance avec cette ville et même avec Alex… alors que quand on l\’a vue j\’ai eu le sentiment de l\’avoir quitter hier….
     
    Une partie de mon coeur et de mon âme se trouvera toujours là bas… et je crois que souvent encore j\’éprouverais le besoin d\’y retourner pour la retrouver.

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