Lob der Ferne – Paul Celan

Lob

Lob der Ferne

 

Im Quell deiner Augen

leben die Garne der Fischer der Irrsee

Im Quell deiner Augen

hält das Meer sein Versprechen

 

Hier werf ich

ein Herz, das geweilt unter Menschen,

die Kleider von mir und den Glanz eines Schwures:

 

Schwärzer im Schwarz, bin ich nackter.

Abtrünnig erst bin ich treu.

Ich bin du, wenn ich ich bin.

 

Im Quell deiner Augen

treib ich und träume von Raub

 

Ein Garn fing ein Garn ein:

wir scheiden umschlungen.

 

Im Quell deiner Augen

Erwürgt ein Gehenkter den Strang.


 

Eloge du lointain

 

Dans la source de tes yeux

vivent les nasses des pêcheurs de la mer délirante.

Dans la source de tes yeux

la mer tient sa parole.

 

J’y jette,

cœur qui a séjourné chez des humains,

les vêtements que je portais et l’éclat d’un serment :

 

Plus noir au fond du noir, je suis plus nu.

Je ne suis, qu’une fois renégat, fidèle.

Je suis toi, quand je suis moi.

 

Dans la source de tes yeux

Je dérive et rêve de pillage.

 

Une nasse a capturé dans ses mailles une nasse :

nous nous séparons enlacés.

 

Dans la source de tes yeux

            un pendu étrangle la corde.

 

traduction de JP Lefebvre, édition Gallimard 

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