Jeune fille – Anne Wiazemsky

Je les écoutais parler, surprise par leur absence de curiosité, leur incapacité à s’intéresser à ce qu’ils ignoraient et qui ne les concernait pas directement. Je contemplais le buste d’un page en cire sur la cheminée qui nous effrayait un peu quand nous étions enfants ; le portrait de ma grand-mère jeune femme, au dessus de la desserte ; la pelouse et le portail au travers de la fenêtre. Et je ressentais de façon aiguë à quel point rien n’avait changé alors que je devenais moi, de minute en minute, plus radicalement une autre. « Tu t’ennuies déjà avec nous ? » Mon grand père me contemplait avec ce regard à la fois tendre et féroce qui avait le pouvoir de décontenancer tout le monde. La conversation s’interrompit aussitôt ; il profita quelques secondes du silence pour fixer tour à tour les cinq visages des cinq membres de sa famille et ajouta sur un ton suave et avec un sourire angélique : « Comme je te comprends ! »

Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Albert Cohen – Carnets 1978

Devant la glace, j’ai pensé que toutes mes apparences seraient bientôt aussi sous terre, verdies et parcheminées, peu appétissantes. Elles seraient si bien attrapées alors, les anciennes aimées, si elles me voyaient, le nez passablement disparu et, sur le trou d’une bouche d’autrefois, le rire immobile et muet des claqués. J’ai changé soudain d’humeur, car je suis jeune quoique vieillard, et j’ai souri avec langueur car j’ai revu, les unes après les autres, toutes mes merveilleuses d’autrefois.

 

Je crois que, parfois, un génie de la littérature est une sorte de fou qui a assez d’intelligence et de ruse pour dissimuler et utiliser sa folie. Ce que je crois aussi, c’est que, dans le génie, il y a un mariage miraculeux des contraires. Le génie, c’est avoir le cœur plein d’amour et l’œil méchant. Le génie, c’est, entre autres choses, être à la fois une douce femme qui a peur, un enfant plein de foi, qui admire trop et que la société n’a pas détruit, mais aussi un lucide vieillard sans espoir et mécréant, un étalon sensuel et surtout, surtout, un fou de sensibilité, qui sent trop, qui sent follement, qui est constamment prêt à la douleur absolue pour tout, à la joie absolue pour tout, qui souffre presque autant de ne pas retrouver ses clefs que d’avoir perdu sa femme, qui éprouve autant de joie paradisiaque à retrouver son stylo qu’à voir revenir à lui la bien-aimée qui l’avait abandonné.

 

O vous, frères de la terre, compagnons desquels je me tiens à distance, compagnons de la même galère, dites-moi, dites, tandis que je tiens une invisible coupe levée, dites ce que je suis venu faire en ce médiocre banquet. Du fond des âges infinis je suis venu, et me voici, si provisoire. Pourquoi, est-ce pour rien, n’y a-t-il vraiment rien ? Mon heure à moi, infime mobile, est venue et va piteusement disparaître. Où et pourquoi ? Les immobiles morts le savent peut être. Que de savoirs enfouis.

 

J’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu la misère de l’honneur, loué comme sentiment noble et qui est préoccupation du jugement de la tribu et souci de continuer à en être membre. J’ai vu la misère des religions, magies d’angoisse et d’enfance, et j’ai vu que les croyants ont peur de savoir qu’il n’y a nul but et nulle raison en ce monde, peur aussi de savoir qu’ils mourront à jamais. J’ai vu les nations, toutes mortelles et méchantes bêtes. J’ai vu la misère des révolutions et que les nouveaux indignes chefs remplacent les anciens indignes chefs. J’ai vu de quoi sont faits les succès. J’ai vu à quel prix la célébrité s’obtient et qui sont les célèbres. J’ai vu les chefs politiques et ils m’ont paru, le plus souvent, comiques.

J’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu les bals de charité où de jeunes mâles et femelles s’enlacent et se tournent en de mineurs coïts, fiers de charitablement secourir de chers pauvres qui resteront pauvres. Oh, ces petites unions sexuelles habillées et atténuées. Le mâle tout vêtu prend contre lui la jeune fille toute vêtue et il se l’applique contre lui en une discrète copulation verticale. Et la mère de la jeune fille surveille la respectable et sociale conjonction et elle considère, satisfaite, le virginal giron filial voisin du convenable giron mâle, giron de bonne famille et de belles espérances. Et après la danse, les jeunes filles très animées, et pour cause, parlent de survolances élevées avec ceux qui viennent de les décemment triturer et quasiment saillir en l’honneur de la charité, une charité qui n’a jamais enlevé une roue à une automobile de riche. Assez, assez. Car il y a pire.

Oui, il y a pire. Car j’ai su, désespérément su, que tout est sans raison et sans but dans cet univers, indifférent univers dont le maître est le morne hasard. J’ai su que, dans sa boule infiniment tournante, l’homme a été créé sans raison et sans but, issu le long de millions ou milliards d’années ou de siècles, issu et survenu à travers des millions ou milliards de fortuites évolutions et aveugles sélections, pauvre solitaire créature nue dans la morose infinité. O mes frères humains, combien triste est votre frère, combien triste de son lamentable savoir.

Publié dans Citations | Laisser un commentaire

de retour à Genève…

Me revoilà dans le coin!
Enfin, dans le coin, tout dépend de quel coin on parle, mais mon coin à moi, c’est les Alpes qui tournent autour de Genève. Et du lac de Genève, donc (on laisse le lac léman au touristes). Et des stations de ski, avec ces empaffés de touristes (toujours les mêmes), qui osent se planter sur MES pistes de ski, pensez bien, comment peut-on laisser faire ça??
Pis en parlant tourisme, j’en fais pas beaucoup en ce moment… Bizarrement je passe plus de temps au bureau (remarquez, maintenant je connais bien la géographie de la salle de pause, la machine à café, ce genre de choses), moins de temps dans les trains et les avions. Mais tout n’est pas perdu, j’ai découvert qu’il existe une liaison directe entre Genève et Düsseldorf. Et mon chef qui me dit ça, il me dit même que je devrais trouver des vols pas trop chers, parce que bon, qui voudrait aller à Düsseldorf? Cologne, passe encore, mais Düsseldorf??
Donc me voilà dans le coin. Ni une ni deux, je contacte les quelques amis qu’il me reste, dans le coin. Et que ne decouvré-je pas? Lundi matin: je reçois une invitation au séminaire d’accueil de ma boite, début mars (génial les 60 km d’autoroute bouchonnée à parcourir avant d’arriver, fraîche et dispose, à 8h15 en séminaire). Voilà que je regarde la liste de présents, nouvellement embauchés. Et que vois-je: une camarade de primaire vient également de commencer le lundi précédent! Et elle travaille trois étages au dessous de moi! Je ne suis pas seule au monde! (Non je plaisante j’ai aussi des collègues très sympas (4 jeunes hommes, vous pensez bien), et quelques fidèles amis genevois).
Mes collègues, on est d’accord que ce serait contre la déontologie de vous raconter les potins… (comment cacher qu’il n’y a rien d’intéressant à raconter!)
Je vais plutôt vous raconter mes bonheurs avec la hotline Alice. Non, mais ça vous connaissez déjà, j’imagine. Je disais samedi soir à un informaticien, ami d’une amie, qu’on avait vraiment l’impression qu’ils lisaient leur liste de questions et que suivant les réponses, ils vous indiquaient la manip’, mais qu’au fond ils y connaissaient pas plus que moi. Et l’autre me répond: ben oui, c’est pas la définition d’une hotline? Non mais bon… J’imgine toujours que les gens qui doivent me venir en aide sont compétents. Pire, j’imagine qu’ils sont intelligents. Grossière erreur, je ne recommencerai plus, c’est promis.
Mais à part ça?
Hé bien à part ça, je me rends compte que je ne connais pas "ici", que je dois prendre le temps de le découvrir, de le redécouvrir. Il y a eu tout mon refus de revenir dans le coin. Tout ce refus de cette vie-là, ce refus de revenir à la case départ. De ne vivre que ça.
Contre tout ce refus il y a eu de la raison, bien plus que de sentiments. De la raison qui me disait que la vie ici pouvait être aussi belle et aussi intéressante qu’ailleurs. Il y a eu des calculs. Des raisons que je ne voulais pas laisser rentrer en compte. Un sentiment d’égoisme, une pointe (mais seulement une pointe) de culpabilité.
Et j’ai une chance, mais une chance incroyable: je travaille avec des étrangers (comprenez, des Français, mais pas de la France voisine, non, des Bretons, Parisiens, Bordelais, Normand, des étrangers vous dis-je) (depuis que je suis partie à l’étranger je ne sais plus ce qu’est un étranger, pour moi on est tous frères, alors tout le monde et n’importe qui l’est également). Bref. Revenons à nos moutons. Travaillant avec des étrangers, je me rends compte de ce qu’ils vivent en arrivant dans la région. Ils me racontent leurs impressions, et je découvre ce qui les surprend et qui me semblait normal. Vu de leur point de vue, mon coin peut être exotique. Et ils échangent leurs adresses, les endroits où skier, marcher, faire de la luge… Je découvre tout ce qui fait la richesse de ma région et que moi, le nez collé chez moi, je n’y avais pas vu.
Donc tout n’est pas perdu. Et puisque je suis à me lancer dans des projets à long terme, autant trouver de bonnes raisons de rester ici.
Par exemple, j’ai passé presque une semaine à cheminer quotidiennement dans une rue parallèle au lac, sans aller le voir. Puis je l’ai vu, et là j’ai compris ce que je faisais ici. Genève est une ville qui a des défauts et des qualités, mais qui a uncaractère.
 
Publié dans Perso | Laisser un commentaire

le post du mercredi

Mercredi, J-?  J-7, encore 7 jours de boulot…
Je suis passée à la VHS rendre mes livres de cours, tenter de me faire payer par la même occasion… afin de pouvoir payer mes factures éventuellement. Ca pourrait être dans mes résolutions de nouvelle année ça, payer mes factures… ou faire ma vaisselle avant que l’évier déborde…
Je suis enfin remise de mes courbatures, j’ai passé deux jours avec les bras, les épaules et le dos en compote, tout ça pour avoir voulu grimper un peu, un peu comme un singe… avec une corde, bien sur, et une collègue qui m’assure, et sans qui je serais écrabouillée par terre à l’heure qu’il est. M’enfin, c’était fun, comme disent les djeunz. Faudra recommencer.
Ah vrai dire vu mon grand âge je ne sais plus ce qu’ils disent les djeunz. Mais bon faut être préparé à tout. Moi par exemple, l’autre jour j’ai appris qu’un hamster pouvait être un sex toy. Si si j’vous assure. Y vont devoir controler les entrées chez botanic maintenant. Quoi, vous les achetez où vos hamsters vous? J’vous aurais bien dit Jardiland mais parait que ça existe plus. Moi dans les sex toys j’en étais restée au canard, mais bon va falloir que je révise ma culture G.
Encore une semaine et demie, donc, dont une soirée salsa, une soirée filles chez moi, un peu de sport, des visites culturelles (sisi), une soirée avec de la caïpirinha-qu’est-de-la-vraie-parce-qu’elle-est-faite-avec-de-la-cachaça-fraichement-ramenée-du-brésil (et faite par des Brésiliens du Brésil, des vrais, de ceux qui croyaient encore que les Françaises c’était des femmes classes). Genre, les vieux préjugés, comme ceux sur les sudaméricains qu’un ami sudaméricain essayait de m’assurer qu’ils étaient faux. Accessoirement, je ne suis pas née hier, et j’en ai rencontré quelques uns dans ma vie déjà, pas besoin de m’expliquer la différence entre un préjugé et la réalité. Non mais. Et pour finir le boulot, un petit pot de départ. Et ça, c’est le truc qui tue, parce que tu sais pas si tu dois inviter les gens que tu as pas envie d’inviter mais que probablement tu es censée inviter et les gens que tu as envie d’inviter mais tu sais pas si ca se fait d’inviter des gens avec qui tu travailles pas. Pis surtout, aie aie aie le porte monnaie! Je plaisante… C’est toujours un plaisir de vous voir… enfin…
Puis vient l’autre question existentielle: c’est quand que je reviens? ou plutot: c’est comment que je fais pour revenir? Un ami m’a dit que je mettais encore plus de distance entre nous en partant à Genève. Oui, mais la distance, c’est relatif non? Si c’est pour ne pas se voir de toutes façon, peu importe le nombre de kilomètres. Et il n’y a pas d’avion pour Cologne, ni Düsseldorf, de Genève. Snif… Adieu mon rêve de revenir un week end pour le Carnaval… C’est totalement ungünstig d’être restée 11 mois,  mais de mars à janvier, dans la région.
 
Vendredi soir j’ai passée une soirée déjantée, avec des fous, de ceux qui chantent à tue-tête dans la rue (non non c’était pas moi ça), qui se mettent à genou pour prier sur les escaliers roulants, qui sautent de partout sur DJ ötzi… Et y’a bien que des poivrots comme nous pour se retrouver dans le bar de la gare, avec tous les vieux bizarres qui boivent leur kölsch ou leur altbier, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas en bonne compagnie? Ah, et j’ai appris un bon truc, quand ton copain/copine te demande de qui c’est le SMS, c’est toujours de Vodafone (SFR/Orange/O2…). Dans mon inénarrable naiveté je réponds toujours à mon chaperon "c’est un collègue" avec toutes les questions qui s’ensuivent… rrrrho mais juste un collègue c’est bon pas la peine de me regarder comme ça!!!
Samedi pour racheter mes péchés je suis allée me balader sur le toit de la cathédrale de Cologne, j’ai appris à bien regarder les gargouilles, sur cette cathédrale là on peut être surpris! Et j’ai vu cette ville d’un autre oeil. Elle m’a apprivoisée avec le musée du chocolat (et un bon chocolat chaud), et m’a définitivement convaincue avec une bonne taverne traditionnelle, toute prête pour le carnaval déjà (depuis le 11 novembre?). Tout à coup le Rhin avait meilleure mine…
 
Bon, et pour le reste: 2008 sera l’année qui palpite (je n’ai pas trouvé de meilleure rime écrivable, si quelqu’un a une autre idée).
Et pour le reste, va falloir inventer un quotidien qui palpite, trouver comment on peut passer 10 ans de sa vie dans un endroit et faire quand même plein de choses passionnantes, rencontrer des gens nouveaux… Un collègue m’a donné une petite idée. Merci pour l’optimisme!
 
 
Publié dans Perso | 5 commentaires

Une nouvelle année qui commence…

Une nouvelle année qui commence, et qui commence pleine de promesses: un nouveau job, une nouvelle ville, un nouvel appart, une voiture. Et tout un environnement à construire: que faire, où, avec qui. Il serait temps de cesser de constuire pour partir tout de suite après… peut-être…
J’ai rencontré ici quelques personnes qui me manqueront, avec qui je ne sais pas si je garderai le contact. Plein de promesses… comme d’hab. J’aurais presque hâte d’y être déjà pour voir qui pensera encore à moi, "après". Qui vivra verra… Une bonne surprise dans ma boite aux lettres: une carte de voeux d’une de mes élèves, qui me souhaite tout de bon pour la suite,  et me dit que le cours lui a plu. C’est toujours un petit rien qui fait plaisir, quand on rentre du boulot, qu’on est fatiguée et enrhumée…
Alors voilà, je commence l’année avec de la neige (c’est pas de la Winterstimmung ça? un beau cadeau pour le premier jour de l’année…en marchant 10 minutes dehors je me retrouve toute blanche…), un bon rhume, des voeux, pas de résolutions.
Cette année j’ai décidé de remplacer les (bonnes) résolutions par l’horoscope… qui n’a pas moins de chances de se réaliser que les résolutions, alors tant qu’à faire, c’est plus drôle.
"Pour vivre cette année le plus harmonieusement possible, tenez compte de la configuration planétaire générale. Celle-ci influencera particulièrement les secteurs liés à l’argent et au côté matériel de la vie. Le message est clair : vous aurez toute l’année intérêt à avoir les pieds sur terre. Gérez vos finances et les aspects matériels de votre vie du mieux que vous pourrez ; cela vous aidera à vous montrer réaliste et efficace dans tous les domaines. "–> du mieux que je peux… ben évidemment

"Méfiez-vous comme de la peste de votre tendance à la rancune. Si vous accumulez secrètement les griefs et les comptes à rendre vis-à-vis de personnes de votre entourage, vous risquez d’être fortement tenté de vous venger au cours de l’année. Il serait beaucoup plus simple de dire, sur le moment, ce que vous avez sur le coeur. " –> comme quoi je ne dois pas être la seule qui suis rancunière

Quatre astres formeront en cette période des configurations rares et favorables. Voilà qui promet à nombre d’entre vous une vie amoureuse intense, avec, pour les solitaires, une sérieuse possibilité de rencontre. Mais attention, tous ces astres seront en conflit avec d’autres astres. Il peut donc y avoir quelques remous : de la passion, certes, mais aussi, pour certains natifs du troisième décan, des choix difficiles à faire." –> en gros tout ira bien, sauf si… (comme les autres années, non?). Et comment ça, une rencontre, une seule?! 😉 les possibilités sérieuses, ça veut dire quoi concrêtement? tout est toujours possible non? (je ne suis pas native du 3e decan, mais je me trouve tous les matins devant des choix difficiles à faire… devant ma garderobe, devant mon frigo, devant mon ordi (boulot ou plaisir?))

Les secteurs professionnels de votre thème natal n’hébergent aucune planète, ce qui laisse présager une période facile et sans histoire. Seul point à noter : Jupiter, l’astre de la chance, changera de place. Il ne vous deviendra pas hostile, mais cessera de vous protéger de façon rapprochée. Ce sera donc à vous de jouer, et les résultats que vous obtiendrez seront la conséquence de vos efforts ou de votre laisser-aller ! À vous de choisir, vous aurez toutes les cartes en main.–> les résultats seront en fonction de mes efforts… ah ben ça c’est original…

Et en plus, si l’horoscope des Gémeaux ne me plait pas, je peux aller tenter ma chance du coté des Cochons (ben oui, en signe chinois, je suis pas gatée- gentils petits cochons ne me tenez pas rigueur de ce que je viens d’écrire)

L’environnement planétaire vous donnera la chance d’amorcer cette année une mutation pratiquement sans précédent dans votre existence, avec la possibilité de trouver par l’action un meilleur équilibre et la joie de vivre. Vous pourrez ainsi améliorer considérablement la qualité de votre vie, mais à condition de comprendre la nécessité de transformer votre univers individuel et de l’adapter aux réalités. Recherchez un idéal autre et plus satisfaisant que le simple confort matériel. Pensez à privilégier les qualités de coeur. Essayez d’être sensible sans pour autant tomber dans la sensiblerie, de vous ouvrir à la vie spirituelle sans pour autant sombrer dans la superstition, d’être réceptif aux beautés autant qu’aux peines du monde.

Les planètes qui ennuieront le plus, cette année, seront Thien Tho et Lam Quan. Toutes deux pourront se liguer pour vous souffler un sentiment d’insatisfaction. Pourtant, grâce surtout au solide soutien de Thien Quan, la planète de la chance, les événements ne vous seront pas défavorables, bien au contraire. Alors, n’écoutez pas la petite voix insidieuse qui cherchera à vous faire voir les choses en noir. Regardez votre vie avec sérénité : vous verrez que vous n’avez, en fait, aucune raison sérieuse de vous plaindre ou même de vous inquiéter.

J’avoue que cet horoscope là me plait déjà plus.. il a un semblant de profondeur… il a un coté plus universel que l’autre: je dois avoir une vision du monde conforme à la réalité (ne pas prendre mes désirs pour des réalités), chercher autre chose que le blé, et m’estimer contente de ce que j’ai: rien de très original, de la philo à la con, mais au moins quelque chose avec un sens derrière (enfin le sens il est où vous voulez). 

Et j’ai commencé aussi par le jeu du plomb: j’ai trouvé une clé (mein Vorhaben wird gelingen) et ma chance cette année, tirée dans un gateau bulgare: "neues Haus". En effet…
 
Voilà donc plein de chance pour l’année à venir… Mais un peu trop raisonnables… Sans fantaisie… Il va donc falloir remédier à ça… Ce que je veux le plus, ce n’est pas forcément la réalisation de mes buts, mais un petit peu de surprise, que le destin ait un peu d’imagination… Mes buts, certes j’y arriverai, à la force du poignet. Mais une vie n’est pas réglée sur du papier à musique, elle peut avoir d’autres directions que celle anticipées.
Bref. Sur ce, je vais soigner mon rhume, et je vous souhaite bien le bonsoir, mesdames et messieurs.
Publié dans Perso | Laisser un commentaire

Das Goldene Notizbuch – Doris Lessing

Erwachsen werden ist schließlich nur das Verstehen, dass die eigene einzigartige und unglaubliche Erfahrung das ist, was alle erfahren.

 

Ich sage diese Studenten, die ein, zwei Jahren damit zugebracht haben, Abschlussarbeiten über ein einziges Buch zu schreiben: „Es gibt nur eine Art, Bücher zu lesen, nämlich die, in Bibliotheken und Buchhandlungen zu stöbern, Büchern mitzunehmen, die einen interessieren, und nur die zu lesen und sie wegzulegen, wenn sie einen langweilen, oder die Längen zu überspringen – und niemals, niemals etwas zu lesen, weil man glaubt, man müsste, oder weil es zu einer Richtung oder Bewegung gehört. Denk daran, dass das Buch, das dich langweilt, wenn du zwanzig oder dreißig bist, eine Offenbarung sein kann, wenn du vierzig oder fünfzig bist – und umgekehrt. Lies kein Buch, wenn nicht die Zeit dafür gekommen ist.

 

 
Publié dans Citations | Laisser un commentaire

Retour vers le passé 3.0

Retour d’Innsbruck. Après 2 ans et demie où je raconte à tout le monde comment Innsbruck, c’est bien, et que ci, et que ça…

Fallait-il venir faire le constat sur place, que Innsbruck, c’était terminé ?

Non, cela je le savais déjà, je l’ai re-constaté en y allant : une très belle ville, où je me sens bien, mais sans sentiments particuliers. On a parfois besoin de revoir ses ex pour s’apercevoir que tout est vraiment fini… mais rien n’empêche de trouver encore du charme à ses ex, et en l’occurrence, Innsbruck reste une ville très agréable. Une ville gemütlich, où l’on se sent bien… une ville de vacances : perdue dans les montagnes, avec les petits villages aux clochers ronds et aux maisons peintes… aux alpages, aux chalets. A la neige qui invite au ski. Aux forêts. Et la ville elle-même, l’Inn que j’aime toujours autant, les maisons colorées, la cathédrale, le marché de Noël… Et aussi pour toutes ces raisons qu’Innsbruck est une ville particulière : le stand de Thomas, le café sur les toits de la vieille ville que les touristes ne connaissent pas… les petits coins plus cachés, la fac, l’arrêt pour changer entre le bus F et le bus O devant la boulangerie… tout ça tout ça…

Mais la vie suit son cours… Les vieux potes avec qui on a passé les meilleures soirées se sont rangés, construisent maison et famille, prennent un poil d’embonpoint… Ca fait bizarre de les retrouver en pères de famille… Et moi et moi et moi ? J’ai fait quoi moi de tout ce temps ? Je suis en retard moi si je n’en suis pas à ce stade-là de ma vie ? Non sûrement pas… différence d’âge (un peu), de rêves, et on a fait des choses différentes dans nos vies… Eux ne sont jamais partis en Erasmus, n’ont jamais vécu à l’étranger, n’ont pas pris le risque de perdre un peu de ce qu’ils avaient construit en partant… Chacun sa vie… Mais si j’habitais à Innsbruck, ce serait sûrement aussi de cette vie là que je rêverais…

Bref, je me suis aussi amusée à repérer toutes les différences, les cafés ou restos qui ont changé de nom, les nouveaux bâtiments… le jeu des différences… C’est drôle d’arriver dans une ville que l’on connaît, d’avoir ce sentiment de tout retrouver au fur et à mesure… il y a une couche de poussière sur ces souvenirs, et pas à pas on redécouvre émerveillé qu’on connaît cette ville, que les souvenirs reviennent… J’ai retrouvé la Treibhaus, dont j’avais oublié le nom, mais pas cette petite boite avec un nom en « Blue » en bas d’un escalier, quelque part sur le bord de la Maria-Theresien-Strasse… Passer devant le Hafen, le Stadtcafé… Horreur ! La Proseccheria a changé de nom, elle porte un nom hideux que je n’ai pas daigné retenir…

Ils sont bizarre ces tyroliens… Ils s’appellent tous Hofer (Thomas le marchand de Weihnachtsschmuck, Andreas le héros local, même Aldi s’appelle au Tyrol Hofer…), ils font des Kindergärten dans la Schlachthofgasse (ils ne sont pas encore au niveau d’ironie des Berlinois: quand vous arrivez à Berlin en train, dans la nouvelle gare, la gare centrale, vous êtes accueillis par un "Bombardier. Wilkommen in Berlin"…). Et peut être l’impression que les Autrichiens sont hypercivilisés, en bien comme en mal. En tout cas en bien, très polis.

Bref… j’ai laissé dans cette ville un peu de moi-même… Et pour répondre à un ami qui me disait que sa meilleure année était celle de ses 23 ans, la mienne, c’était celle que j’ai passé à Innsbruck.

ibk

Publié dans Perso | 1 commentaire